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NOTRE PASSE EN IMAGES
Cette collection d'images du passé sur notre village que je vous présente dans cette rubrique date de l'âge d'or de la carte postale qui se situait au début du 20e siècle, quelques 800 millions d'exemplaires en 1914, toutes les communes de France furent photographiées entre 1900 et 1930.
Nous sommes bien loin de la première carte postale qui fut émise officiellement en Autriche, elle est née à Vienne le 1er octobre 1869, de l'invention d'Emmanuel HERMANN.
La première carte postale apparut en France en 1870, elle portait l'estampille de la Société de secours aux blessés "la future croix rouge", elle fut mise en circulation, sans timbre, dans la ville de STRASBOURG qui était assiégée par l'armée allemande. Elle devait permettre à la population civile de communiquer gratuitement avec l'extérieur…
Ce n'est qu'en août 1891 que le marseillais Dominique PIAZZA lance la première carte postale photographique. A partir de 1903/1904, l'image occupe la pleine page avec parfois une petite marge, ce seront des milliards de cartes qui sortiront des ateliers de production dont celles que vous allez voir…
Les cartes postales des années 1900 à 1903 ont été recoupées numériquement par mes soins afin de vous éviter les écritures en façade, le rendu est de moins bonne qualité car les photographies étaient plus réduites à cette époque…
Je n'ai pas souhaité vous faire un exposé de la cartophilie, je n'ai ni cette prétention, ni les connaissances requises, mais ces quelques lignes me semblaient nécessaires avant de vous présenter vos ancêtres et leur environnement.
Rédigé par Michel GALAS, le 13/05/2008.
MEMOIRES DE MARSILLARGUES
Ce que vous allez lire, peut paraître aujourd'hui désuet.
Pour l'apprécier, il faut se placer dans le contexte des années 1924.
Six ans à peine après la fin du cauchemar de 1914-18, période ou la collectivité locale pleurait ses morts et se reconstruisait dans la douleur.
Les distractions étaient rares et seul le cinéma à ses débuts et quelques opérettes étaient à l'honneur.
Cette poignée de jeunes Marsillarguois, dont certains étaient revenus de l'enfer, avaient donc décidé de mettre en spectacle la vie de tous les jours de MARSILLARGUES.
100% amateurs, issus de familles connus, leur initiative fut triomphale.
Le Casino trop petit pour l'affluence, il durent rejouer la revue quelques temps après.
Actuellement en 2008, seuls les descendants des acteurs de la troupe gardent le souvenir des récits de leurs ancêtre.
Rédigé par Jean DAUMAS, le 01/06/2008.
Ces extraits faisaient parties d'une revue locale, ils proviennent des archives de Jean DAUMAS.
Ils furent composés par Louis, Fernand DAUMAS et Emmanuel SOULAS, jouée en 1924 par une troupe d'amateurs du cru.
Nous avons pensé que ces extraits pourraient avoir une certaine cohérence avec la collection d'images.
Nous vous souhaitons une bonne utilisation de vos fonctions visuelles.
Jean et Michel
Extrait du 7ème Tableau de la Revue locale " YA N'EN MAÏ ".
LES RUES DE MARSILLARGUES EN 1924
Tel que vous pouvez me zieuter, je suis né à Massillargué,
Mais je dois vous dire sans façon, que j'ai changé de maison.
J'ai logé derrière Le Château, puis à la Barque au château d'eau
J'ai habité au Templet et aussi à Jeanjanet.
Rue de la Révolution, j'avais une belle maison,
Mais l'endroit le plus coquet, c'était au Boulevard Gauger.
Baptisé Rue des Pêcheurs, j'ai fait ma communion Rue Pasteur,
Rue des Treilles j'ai bu du vin, fais le charcutier Rue Baudin .
Rue du Général Vignoles, on y faisait la farandole,
Et dans la rue Jean Jaurés, un garde m'a botté les fesses.
Rue des Bœufs c'est cruel, je fut balloté par un simbel,
Blessé on me transporta, dans la rue D'Escarava.
Boulevard de la République, j'y connu une fille très chic,
Et nous échangions des bécots, au Boulevard Victor Hugo
Après le flirt c'est rue Danton, que nous dansions le charleston.
Puis nous faisions des galéjades, dans la Rue de la Calade
Rue du Vidourle, je prenais des bains, Rue de l'hôtel de ville je mangeais bien,
Et Boulevard Edouard Daumas, je feuilletais le grand Zola.
Nous avons dans notre pays, une rivière très jolie,
Qu'on traverse sur un Vieux Pont *1, par temps de crue c'est pas coton.
Et enfin ces beaux boulevards, bien ombragés et un beau parc.
Mais un autre espace épatant, c'est celui de notre beau Plan,
Avec en prime un bon climat, et un merveilleux cinéma.
Je suis Marsillarguois, rien qu'a voir ma bobine ça se voit,
Je suis du pays des Bajans, et très fier d'y être résident,
Car dans mon joli patelin, on rigole, on s'y amuse bien,
Aussi je suis heureux ma foi, d'être un vrai Marsillarguois.
*1 - Le Pont neuf (Boulet) fut construit en 1927.
Extrait d'un Tableau de la Revue locale " YA N'EN MAÏ ".
MARSILLARGUES EN 1924 ( Scène ou le Facteur raconte son village à l'Étranger de passage. )
Connaissez vous d'aussi beaux Villages, et plus charmant que celui-ci,
Envié par ceux de la Vaunage, c'est un des plus beau de notre Midi.
Visitez d'abord sa promenade basse, souvent copiée, jamais égalée,
C'est en été que souvent s'y délassent, les boniches de la localité.
Un peu plus loin, si vous voulez boire, vous avez kiosque et Pavillon,
C'est là que se tient la foire, celle des " Embuts " *1 assure t-on.
Suivez toujours ces beaux platanes, vous serez au Pont de " Cambrai ",
Où quelques lascars quand ils flânent, viennent s'asseoir et galéger.
Ensuite il y a la bascule, ou l'été quand il fait très chaud,
Et qu'il tombe une canicule, on y voit pas mal de badauds.
On entend parler politique, taureaux, enfin un peu de tout
On chicane, on gronde, on s'explique, à la fin on n'a rien dit du tout.
Nous voici dans la belle allée, qu'on appelle " léïa d'aou parc "*3
D'ou vient cette odeur embaumée, qui choque l'odorat le soir ?
C'est le fossé où l'eau courante, n'a jamais appris à courir
Car elle est toujours eau dormante et nous le fait bien sentir.
Voici enfin le Petit Temple, encore un groupe de travailleurs
Tous assis et causant ensemble de ce qui ferait leur bonheur
l'allée du Nord, je vous la cite, car c'est celle des amoureux,
Le Château d'eau,*un nouveau site, qui aujourd'hui fait des heureux.*2
Ensuite un " clu " très populaire, c'est celui du Café des fleurs,
Où l'on trouve des octogénaires, et rarement quelques chômeurs.
Puis nous passons à la Place, là par exemple c'est complet,
Toute la jeunesse s'y prélasse, avant de se rendre au café.
J'ais bien encor quelques anecdotes, mais le temps presse cher Monsieur,
N'ayant pas fini d'user mes bottes, je vous quitte et vous dit adieu.
*1 Foire des Embuts (entonnoir). Terme péjoratif donnait par les St Laurentais à la foire du Dimanche après Pentecôte.
*2 Le château d'eau à été construit en 1922.
* 3 Allée du Parc.
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