HOMMAGE A JACQUES ANTOINE MOURGUE PAR PAUL PASTRE ET SON FRERE CHARLES.


Rédigé par Paul PASTRE et son frère Charles PASTRE, publié le 03/06/2008.

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JACQUES ANTOINE MOURGUE ( 1734 - 1820 )

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Membre de la Société Royale de Montpellier.

Membre associé de la Société Royale d'Agriculture de Lyon.

Membre honoraire de la Société économique de Lyon.

Ministre de l'Intérieur sous Louis XVI.



                  Ouvrages consultés


  • 1-Archives Communales-Etat Civil Catholique.
  • 2- Archives Communales - Etat Civil Protestant.
  • 3- Mémoire historique et Biographique sur l'ancienne Société Royale des Sciences de Montpellier pages 191, 192, 193, 194.
  • 4- Renseignements fournis par M. Marc Walbaum, descendant de Magdelaine, sœur de Jacques Mourgue, père de J. A. Mourgue.
  • 5- Renseignements fournis par M. Maurice Mourgue, descendant d'Antoine Mourgue, frère de Claudine Mourgue, mère de J.A. Mourgue.


Jacques Antoine Mourgue (aussi connu avec les prénoms Jacques Agustin et Jacques Aoûtin) naquit le 2 juin 1734 à Marsillargues probablement au mas de son père que son grand-père maternel avait acheté au Comte de Rochemore, seigneur de Gallargues et qui depuis s'appelait le mas de Jacques Mourgue.
Il était le fils de Jean Mourgue dit le riche, descendant de la branche venue de Pomérols diocèse d'Agde, mais qui avait habité Mauguio de 1627 à 1659.
Sa mère Claudine Mourgue descendait de la branche venue vers 1600 de Bessière paroisse Saint-Marc, petite localité située à 24 kilomètres de Saint-Flour dans le Cantal.
Son ancêtre, Poncet Mourgue nouveau venu à Marsillargues, devint par la suite Consul de la Communauté de 1728 à 1732.
Il avait épousé le 26 fevrier1624 Claude Despierre fille de noble David Despierre, sieur de Camproux propriétaire du domaine de Desport.
Le grand-père et l'arrière grand-mère de Jacques Antoine Mourgue, tous les deux prénommés Jacques avaient été nommés par le roi à la charge de maire perpétuel.
La famille Mourgue était des plus importantes de la localité et comptait parmi ses membres plusieurs notables.
Jacques Antoine Mourgue passa son enfance à Marsillargues, mais dut par la suite (il était de religion protestante) séjourner à l'étranger (en Angleterre) où il fit ses études et son apprentissage des affaires.
Il éffectua par la suite plusieurs voyages et c'est au retour de l'un deux qu'il épousa le 30 avril 1766, Jeanne Vialars, née en 1744, fille de Pierre Vialars, riche négociant en gros de marchandises des Indes domicilié à Montpellier et d'Elizabeth Fesquet.
L'année suivante il entra dans l'affaire de ses cousins Colombier et Mourgue (qui ont des magasins à Montpellier, Beaucaire, Pézenas et Montagnac).
Il était doué d'une très vive intelligence et avait hérité de sa famille son goût pour l'agriculture, goût auquel il sut joindre des connaissances approfondies en physique et en économie rurale.
On peut voir par la liste de ses ouvrages, que l'application des sciences à l'agriculture et aux arts fut l'un des principaux objets de ses travaux.
En 1767, il s'était fait une certaine réputation dans les sciences physiques et s'était fait connaître à la Société Royale par un mémoire sur la meilleure quantité de semence à donner aux terres ; le mémoire fut imprimé et répandu aux frais des états de la Province.
En 1771, il devint l'associé de ses cousins, menant de pair ses activités commerciales et scientifiques, il écrivit d'intéressantes études économiques et fut nommé à cette époque membre de la société royale des sciences de Montpellier, membre associé de la société royale d'agriculture de Lyon et membre honoraire de la société économique de Berne.

De 1766 à 1792, parurent de lui de nombreux travaux dont plusieurs furent remarqués par des savants.

Nous nous en voudrions de ne pas en donner ici quelques titres :

  • (1766) Mémoire sur la scintillation des eaux de la mer.
  • (1767) Mémoire sur la meilleure quantité de semence à donner aux terres.
  • (1772) Plan d'observations sur les causes des variations de l'atmosphère.
  • (1775) Observation d'un ouragan qu'on a essuyé à Montpellier.
  • (1776) Mémoire sur les dégradations que cause la rivière du Vidourle et les moyens d'y remédier.
  • (1777) Mémoire sur la meilleure localité pour l'emplacement d'un cimetière à Montpellier.
  • (1777) Mémoire sur l'emploi utile des communaux dans la province du Languedoc.
  • (1778) Observations sur la direction et les effets de quelques coups de tonnerre.
  • (1779) Observations sur un orage qui a donné une quantité de grêle.
  • (1779) Mémoire sur l'utilité comparée des engrais dans l'agriculture et des labours fréquents donnés aux terres.
  • (1780) Observations sur la poudre dont on se sert pour clarifier les eaux de vie jaunes.
  • (1780) Expérience sur l'utilité qu'on peut retirer du gaz vineux.
  • Recherches sur la nature des vapeurs qui ont régné dans l'atmosphère pendant l'été de 1783.
  • Observations météorologiques et agronomiques faites à Montpellier et dans les environs pendant les années 1772 et suivantes.
  • Observations sur les naissances, les mariages et les morts dans la ville de Montpellier pendant les années 1778 et 1779.
  • Observations sur les naissances, les mariages et les décès qu'il y a eu parmi les habitants de Montpellier pendant vingt et une années consécutives de 1772 à 1792, et calculs qui en résultent sur la probabilité de la vie.
                             

                                      Essai de statistiques


Jacques Antoine Mourgue publia aussi à Paris quelques brochures politiques parmi lesquelles :

  •                 (1797) De la France, relativement à l'Angleterre et à la maison d'Autriche.
  •                 (1798) Convient-il à la France d'avoir un acte de navigation générale et indéfini.

Lien sur le site des ascendants (Jacques-Antoine Mourgue) de Sabine et Amélie Orsel

UNE VIE PLUS MOUVEMENTEE


Sa vie était partagée entre ses occupations académiques et l'exploitation du domaine qu'il possédait à Marsillargues et celle d'une terre noble appelée Montredon, qui n'était autre que le domaine actuel dit la Jassette, situé dans la Commune de Lunel, sur la route qui conduit du Pont de Lunel au Pont Romain ; (il se fit appeler Mourgue de Montredon jusqu'à la Révolution, où ont le traite de ci-devant Montredon).
Il parle souvent de ce domaine de Montredon dans ses écrits.
C'est dans ce cadre merveilleux et reposant qu'il venait, loin de tout bruit, mettre la main à ses travaux sur l'agriculture et les sciences.
De puissants entrepôts de travaux publics s'étaient spécialisés dans les grands travaux, les routes et les canaux du Languedoc.
Avec son cousin Colombiès, Jacques Antoine Mourgue commandite l'entreprise Boulabert et Garimond qui remarquée par ses succès méridionaux se vit confier la construction du nouveau port de Cherbourg.
En 1782 une compagnie des entreprises de Cherbourg fut fondée.
C'est Jacques Antoine Mourgue qui s'en occupa à Montpellier, mais pas pour longtemps car il prit la direction du bureau de Paris de cette Société.
Il alla habiter la capitale avec sa famille mais fit de fréquents voyages à Cherbourg.
Il fut probablement chargé des rapports de la société avec les autorités.
En 1791, il se brouilla avec les dirigeants et demanda le remboursement de ses capitaux.
C'est au cours des travaux exécutés au port militaire de Cherbourg qu'il se lia d'amitié avec Dumouriez, alors commandant de la place et contrôleur des travaux pour l'état.
Aux approches de la Révolution, les circonstances lui firent suivre une autre direction.
Pour expliquer le passage rapide de Jacques Antoine Mourgue au ministère de l'intérieur, il est nécessaire de retracer rapidement le déroulement des événements.
L'assemblée Législative élue à la suite de la fuite du Roi (Varennes 1791) était dressée en deux fractions.
A droite : les Feuillants, qui étaient pour le roi contre le peuple.
A gauche : les Jacobins, républicains, menés par les Girondins.
Les mesures contre les Emigrés, rentrer en France, ou être déclarés suspects de conjuration, le 9 novembre 1791 et contre les prêtres (prestation du serment civique) furent prises par les Girondins.
Avec de Lessart aux affaires étrangères, le ministère était Feuillant et le roi opposa son véto à ces deux décrets.
En représailles, les Girondins mirent le ministre de Lessart en accusation.
Le roi prit peur et constitua avec Roland à l'intérieur un ministère Girondins.
Dans le ministère " sans culotte " Dumouriez est ministre des affaires Etrangères et se flatte d'établir un équilibre entre le roi et les girondins.
Ce ministère presse le Roi à déclarer la guerre à l'Autriche (23-4-92), mal commencée par des revers en Belgique (28-4-92) au point qu'on craint une invasion.
La reine considérant tous les ministres comme des criminels dévoile les plans de guerre à l'Autriche.
En représailles, les Girondins font voter les décrets du 27-5 au 8-6.
Le Roi y oppose à nouveau son véto.
Roland qui avait protesté par une lettre insolente est renvoyé avec Clavières et Servan le 13 juin 1792.
Dumouriez resté ministre propose au roi son ami, J.A. Mourgue pour remplacer Roland à l'intérieur. Mourgue est nommé.
Voici comment Dumouriez dans ses mémoires rapporte la chose. " Dumouriez monta le matin du 12 juin au château et proposa au roi, pour ministre de l'intérieur, à la place de Roland, Mourgue de Montpellier, Protestant, bon citoyen, plein d'esprit et de connaissances, qui avait travaillé à un cadastre de la France, qui était de plusieurs académies et qui avait fait de très bon mémoires bien constitutionnels sur la révolution.
Il avait été du club de 1789 et depuis de celui des Feuillants.
Il s'en était retiré. Il avait été du club de 1789 et depuis de celui des Feuillants. Il s'en était retiré. Il avait une grande droiture, un travail facile et un caractère ferme, il fut agrée.
Dumouriez et J .A Mourgue espéraient obtenir du Roi la sanction des décrets sur le serment des prêtres, sur le licenciement de la " garde du roi " et sur la formation sous Paris d'un camp retranché de 20000 fédérés (gardes nationaux volontaires), pour maintenir l'ordre dans la Capitale.
Le Roi refusa.
Mourgue prétend ( mais cette lettre n'est-elle pas apocryhe, qu'il demande aux nouveaux ministres de venir avec lui chez le Roi ; par contre Dumouriez raconte dans ses mémoires que tous les ministres se rendent le 15 juin à 10 heures du matin aux tuileries pour remettre
leur démission orale au Roi.
Celui-ci les reçoit dans sa chambre, leur demande s'ils sont toujours dans les mêmes dispositions et accepte leur démission.
Dumouriez prétend qu'alors Mourgue présenta au Roi un papier en disant : " Sire voici la mienne. Je la donne avec bien du regret ". Le Roi la prit. Nous avons la minute de cette lettre et la réponse que le Roi prit la peine de faire de sa main à Mourgue.
C'est cette lettre de démission qu'on trouvera dans la " fameuse armoire de fer "  du Roi et qui vaudra à Mourgue d'être considéré comme suspect.
Le ministère est remplacé de nouveau par des Feuillants et Terrier du Monceil remplace Mourgue, (il sera remplacé lui même par Roland qui reviendra le 10 août 1792).
Jacques Antoine Mourgue nommé le 13 Juin 1792 dans les fonctions de ministre de l'intérieur, il ne les garda que Cinq jours et s'en démit le 18 Juin 1792.
La journée du 20 juin, la foule envahit les Tuileries pour demander le retrait du véto.
Elle défile devant le Roi qui met le bonnet rouge et boit à la santé du peuple.
Dumouriez est nommé général en chef en remplacement de la Fayette au lendemain du 10 août.
Il a la chance de commander à Valmy et fera ainsi figure de sauveur de la France ; mais battu en hollande, il passera à l'ennemi en avril 1793.
Comme J.A. Mourgue était l'ami des Girondins et qu'il avait été nommé à une fonction par le Roi, sa tête est mise à prix.
Il doit quitter Paris sous peine d'être pris.
Les portes de la ville sont fermées et étroitement surveillées ; sa femme se déguise en paysanne, le cache dans sa voiture de fumier et le fait sortir de la capitale.
Il se réfugie au Vigan, où avec son fils Scipion ils vivent de la récolte du salpêtre pour faire de la poudre pour les armes.
Après Thermidor qui entraîne la chute de Robespierre, J.A. Mourgue revient à Paris et vient l'été dans sa propriété appelée la Cossonière, propriété située à Montlhéry dans la Seine-et-Oise, qu'il donne ensuite en dot à sa fille Eglée lorsqu'elle épouse le comte de Richemont.
Sa fortune avait été compromise par des dévaluations et les ennuis financiers de son fils Scipion. Au moment des assignats, il avait perdu 700 000 francs en argent.
Il doit vivre modestement en s'adonnant à des études économiques et sociales.
Ses ouvrages philanthropiques obtinrent un grand succès auprès des  spécialistes.
Ils constituent en effet, de véritables ouvrages d'anticipation, en particulier une étude sur le plan d'une caisse de prévoyance pour les ouvriers, ce qu'on a appelé plus tard, les Caisses d'Epargne.
Des fonctions officielles lui sont confiées.
Il est membre du Conseil Général des hospices civils (Hôpitaux de Paris) ; dès la formation de cet organisme il y devient administrateur, il occupe les mêmes fonctions au Mont de Piété, il s'applique à introduire dans ces établissements de notables amélioration.
De ce fait, son dévouement aux malheureux est unanimement remarqué.
En 1811, il vend à M. Pieyre (sous préfet de Nîmes) son mas de Marsillargues.
Ce mas est encore possédé par des descendants de M. Pieyre, les Pieyres de Mendiargues.
Dans cet acte qui porte sceau impérial, J.A. Mourgue est désigné comme ancien ministre.
Le Roi Louis XVIII le nomma le 5 août 1814 chevalier de la Légion d'Honneur pour sa coopération active et éclairée à diverses œuvres philanthropiques et de bienfaisance auprès des malheureux malades des hôpitaux de Paris.
Il mourut à Pais le 14 janvier 1818 à l'âge de 84 ans.
Son oraison funèbre fut prononcée par le duc de la Rochefoucault-Liancourt, son collègue aux Hospices.
Madame Mourgue mourut en 1820.
Ils auraient eu onze enfants dont 4 seulement survécurent
Scipion qui a remplit de hautes fonctions administratives sous le gouvernement du Roi Louis-Philippe.
Pierre mort très jeune à New-York.
Eglée qui épousé le comte Desbassins de richemond et Jules le marin.
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Archive N° (62) 12 de la famille Mourgue de 1712 à 1800, scanné pour le site Vidourle par M. Gérard Orsel, descendant de Jacques-Antoine Mourgue.

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Plan du domaine de Jacques Antoine Mourgue sur Marsillargues et St Laurent (dont le Territoire communal dépasse le Vidourle vers l'Ouest).

Ce plan comporte une allégorie comportant des personnages au bonnet phrygien.

Il date donc de la Révolution.

Ce domaine avait été donné à Jacques Antoine Mourgue par son père lors de son mariage (1766).

Il le vendra en 1811.


C'est dans cette maison de Bandol que le fonds Mourgue a été déposé à la fin du XIX° siècle, avant d'être déposé aux Archives départementales de l'Hérault en mars 2008.
Cette maison appartenait à Frédéric Bohn, fondateur de la CFAO, et son épouse Suzanne Chabert, fille d'Hélène Mourgue, qui était la nièce d'Edmond Mourgue. Les descendants de Suzanne Chabert ont conservé ce fonds depuis cette époque, et la décision a été prise en ce début de XXI° siècle  de confier ce fonds, comprenant de nombreuses pièces historiques, aux archives du lieu d'origine de la famille Mourgue. C'est ainsi que le Fonds Mourgue est arrivé en 2008 aux AD de l'Hérault


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